lefigaro.fr avec AFP - 04/05/2008
Aude : deux maçons avouent le meurtre du couple disparu
Les deux hommes, placés en garde à vue vendredi à Narbonne, ont avoué avoir tué le
couple de retraités, disparu début avril. Le mobile est crapuleux. Les soupçons des enquêteurs étaient fondés. Les deux meurtriers du couple d'Argeliers dans l'Aude, disparu depuis le 4 avril
sont bien deux ouvriers qui avaient effectué des travaux dans la propriété des retraités. Les deux maçons, âgés de 30 et 32 ans ont avoué, dimanche, avoir séquestré, puis tué Jocelyne et
Jean-Claude Saint-Aubert afin de voler leur carte bancaire, qui a été plusieurs fois utilisées. Les meurtriers, Jean-Barthélemy Rathqueber, artisan-maçon de 32 ans, et Fouad Sellam, un homme de
30 ans qui travaillait pour lui au noir, ont tué le couple le jour même de sa disparition.
ils se rendent le matin du 4 avril chez le couple dans l'intention de leur dérober leur carte de crédit. Ils menacent aussitôt les victimes avec des armes de poing.
Dans la soirée, les deux hommes ont conduit les retraités, bâillonnés et menottées dans une camionnette à environ cinq kilomètres de la maison du couple, sur un terrain appartenant au père de
Rathqueber à Cruzy, où ils avaient creusé une fosse, ce qui montre leur préméditation, estime le procureur de la République de Narbonne, Bertrand Baboulenne. Après avoir tué de plusieurs balles
l'ingénieur en aéronautique, alors que son épouse était toujours ligotée dans le véhicule, ils ensevelissent son mari dans la fosse, où les enquêteurs continuaient dimanche à rechercher son
corps.
Les ouvriers quittent ensuite les lieux précipitamment «car ils avaient peur que le bruit des coups de feu attire des témoins», selon le procureur. A quelques kilomètres de là, au bord d'une
route, ils abattent par balles Jocelyne Saint-Aubert, qui présentait des traces de coups sur le crâne, et «se sont débarrassés de son corps en le jetant dans le fossé à l'endroit où elle a été
découverte mardi dernier», entre les localités de Cruzy et de Quarante, dans l'Hérault. La carte bleue de Jean-Claude Saint-Aubert a été retrouvée dans les effets personnels de Jean-Barthélemy
Rathqueber. Elle a permis aux deux agresseurs de faire des retraits et des achats, notamment du matériel de bricolage et un jeu vidéo, évalués à «plusieurs milliers d'euros». Les deux pistolets
qu'ils ont utilisées n'ont pas encore été découvertes.
Après leur mise en examen dimanche, notamment pour séquestration et assassinat, ils devaient être déferrés en fin de journée devant le juge des libertés en vue de leur incarcération.
Comme le révélait vendredi le Figaro, ces maçons, l'un interpellé à Toulouse et l'autre à Béziers, sont très défavorablement connus des
services, tous deux ont été condamnés à plusieurs reprises pour des faits de vols et de violences.
La justice serait-elle trop clémente !...